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[suite
de la biographie] |
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Jeunesse
Rescapé
de l’enfer de Verdun, Florentin Parizat, épouse Marie Brun,
quelques mois avant d’être démobilisé, en 1919. La même
année naîtra une fille, puis un garçon en 1920. Retourné
à la vie civile il exercera son métier de carrossier comme
contremaître dans un grand atelier Avignonnais. En 1927 il
décide de s’installer à son compte et crée son propre
atelier à Bagnols sur Cèze où une clientèle aisée lui
assure un travail intéressant. En 1929 naît Bruno, mais
cette année là vient de subir le cahot financier et la
clientèle aisée se fait déjà rare.Deux ans plus tard il
installe sa famille à Avignon, et, afin d’honorer ses
dernières commandes fera durant plusieurs mois le trajet
Avignon Bagnols tous les jours. Enfin il abandonne son métier
pour rejoindre sa femme dans l’entreprise horticole
familiale. Dans ce décor, au milieu des serres, des allées
séparant les cultures, à l’abri des haies de cyprès,
Bruno va grandir, il va très vite faire les premiers gestes
du modelage en pétrissant un limon fin et gras qu’il
récolte dans les petits canaux d’irrigation qui traversent
la pépinière. Le lézard traqué au soleil, l’escargot
surpris dans une plante seront ses premiers modèles que la
qualité du limon ne lui permettra pas de conserver. Au cours
d’une visite, avec ses parents, chez un potier de Mazan, il
découvre la terre, la vrai, celle qui se modèle docilement,
qui cuite devient éternelle. Un jour, sur l’insistance de sa mère, une cliente, voyante,
lui lie les lignes de la mains : Le verdict tombe ; « Le
petit sera sculpteur ! ». Le petit à huit ans, il modèle,
dessine dès qu’il sort de l’école, le jeudi, le
dimanche, pendant les vacances, bref tout le temps, chaque
chose qui l’entoure est prétexte à un croquis ou une
ébauche en argile. S’il surprend son entourage par la
qualité de sa production mais aussi par sa persistance à
reproduire ou créer, celui-ci ne voit pas d’un bon oeil
cette graine d’artiste qui germe doucement : Il faut dire
que l’aisance de la famille est le fruit d’un labeur
quotidien et tous, y compris sa soeur et son frère qui
travaille dans la pépinière, considèrent les artistes comme
des oisifs. On comprend pourquoi, outre la grande différence
d’âge, Bruno n’aura avec eux que des rapports
superficiels et grandira avec une indépendance en limite de
la solitude. Cette indépendance ne sera que bénéfique à
son art dans lequel il se réfugie en attente de s’inscrire
aux Beaux Arts. |